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Par Marilyn Préfontaine

Un roman poignant de la collection Tabou

ParCatherine Marmen
Seul-contre-elle

« Le mythe voulant qu’une agression sexuelle vécue par un garçon soit physiologiquement impossible est tenace. Pourtant, au Québec seulement, un homme sur cinq déclare avoir été victime d’abus ou de viol, que ce soit de la part d’un homme ou d’une femme. Le consentement n’a pas de genre et non signifiera toujours NON. »

Seul contre elle, un livre bouleversant de la collection Tabou, met en scène Noam, un adolescent solitaire de nature, qui se rend à un party puisqu’il croit enfin avoir une chance avec Judith, la fille sur laquelle il trippe. Il se retrouve avec elle dans une chambre et lorsque celle-ci lui déchire son t-shirt, il ne réalise pas tout de suite ce qui se passe. Il est coincé, lui demande d’arrêter, mais elle continue. On est rapidement dégoûtée par Judith, un personnage sans scrupule et qui n’a que faire des états d’âmes de Noam. 

Instagram Collection Tabou

C’est un roman qui s’avère difficile à lire étant donné les sujets délicats qui y sont traités, mais si nécessaire afin de montrer qu’on a encore du chemin à faire en tant que société pour détruire certains stéréotypes au sujet des agressions sexuelles vécues par les hommes. 

Une fiction réaliste 

Il ne suffit de quelques pages pour s’attacher à Noam, le personnage principal, et entrer dans le cœur de l’action. Durant la scène où Judith décide de faire une fellation à Noam contre son gré, j’ai été dégoûtée.  On veut que tout s’arrête « au plus sacrant! » Et le plus difficile, c’est de voir la souffrance de Noam et de constater au fil des pages, qu’il doit non seulement réaliser ce qu’il a vécu, mais aussi dealer avec ceux qui ne le croient pas. En effet, son père pense qu’il fait tout un drame pour quelque chose de…banal. Son seul ami, Maxime, lui dit qu’une pipe, ce n’est pas vraiment une agression sexuelle. Une chance que la mère de Noam le prend au sérieux! 

Il y a également toute la partie réseaux sociaux qui rend le récit vraiment réaliste et les commentaires des gens sur Facebook : « Moi je l’aurais laissée me sucer. » « T’es quoi, une tapette? » C’est triste, mais on voit tellement des attaques de ce genre sur tellement de sujets que ça rend l’histoire vraiment actuelle et réelle. 

On suit donc Noam à travers sa souffrance, ses différentes phases de guérison, ses questionnements, et ce, jusqu’au procès de Judith. Je ne vous dirai pas la conclusion du juge, mais Noam sort quand même de cette expérience avec de l’espoir et une certaine satisfaction d’avoir pu porter la parole de tous les hommes sur l’espace public. 

Il y a également un épilogue qui nous transporte dans la vie de Noam dix ans plus tard. Je ne veux pas trop vous en dire, mais j’ai trouvé intéressant de voir le chemin parcouru non seulement par Noam, mais aussi Judith. 

Instagram Collection Tabou – L’autrice Jessica Di Salvio 

Somme toute, une lecture émouvante qui termine sur une note positive!

Pour se le procurer :

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